L’équilibre spectral
Un son peut devenir plus sombre, plus brillant, plus mince ou plus dense parce que l’équilibre entre ses composantes change.
FRÉQUENCES · EQUALIZATION
Choisir quelles zones du spectre atténuer ou renforcer, sans changer la hauteur des notes.
CE QUI CHANGE
Un égaliseur (equalizer, EQ) compare les composantes graves, médiums et aiguës d’un signal. Il applique un gain différent selon leur fréquence : certaines passent intactes, d’autres sont atténuées ou renforcées.
Un son peut devenir plus sombre, plus brillant, plus mince ou plus dense parce que l’équilibre entre ses composantes change.
Renforcer 2 kHz n’accorde pas une note sur 2 kHz. L’EQ agit sur les composantes déjà présentes dans le signal.
OUTIL INTERACTIF
Commence avec les dix faders de l’EQ graphique, puis passe au paramétrique pour choisir librement la fréquence et la largeur d’action.
ACTION Renforcement autour de 1,00 kHz
LARGEUR Bande moyenne
DEUX MANIÈRES DE TRAVAILLER
Chaque fader contrôle une bande fixe. La forme dessinée par les curseurs rend immédiatement visible l’équilibre général, mais la fréquence centrale et la largeur de chaque bande sont imposées.
La fréquence, le gain et le facteur Q peuvent être réglés. Il devient possible de viser précisément une résonance ou d’effectuer une correction très large.
Atténue ce qui se trouve sous la fréquence de coupure. Utile contre les vibrations et certains grondements.
Atténue les fréquences situées au-dessus de la coupure. Il assombrit le signal et retire des aigus.
Renforce ou atténue une zone autour d’une fréquence centrale. Le facteur Q règle sa largeur.
Creuse une bande très étroite. On l’utilise souvent sur une résonance précise.
Modifie progressivement toute la zone grave sous une fréquence charnière.
Modifie progressivement toute la zone aiguë au-dessus d’une fréquence charnière.
Indique où le filtre agit. Elle se lit sur une échelle logarithmique : une octave correspond à un doublement de fréquence.
Indique combien on renforce ou atténue la bande, en décibels. Il ne sert pas sur tous les types de filtre.
Un Q élevé produit une action étroite ; un Q faible agit plus largement. Une forte précision n’est pas toujours plus musicale.
DYNAMIC EQ · ÉGALISATION CONDITIONNELLE
Une EQ statique applique toujours la même courbe. Une EQ dynamique surveille le niveau dans une zone choisie et fait varier le gain de cette bande lorsque le détecteur franchit un seuil. Le reste du spectre continue de passer.
Une résonance ou un déséquilibre reste présent presque tout le temps : une petite correction fixe est souvent la solution la plus simple.
La zone devient agressive seulement sur certaines notes ou attaques : la correction apparaît alors au moment nécessaire.
La voix peut faire creuser momentanément sa zone de présence dans une guitare ou un clavier, sans les assombrir en permanence.
Définissent la zone concernée, comme sur un égaliseur paramétrique.
Détermine à partir de quel niveau le mouvement dynamique commence.
Limite le renforcement ou l’atténuation maximale de la bande.
Règlent la réaction aux attaques et le retour à la courbe neutre.
TRAITEMENTS SPECTRAUX CIBLÉS · SPECTRAL PROCESSING
Un traitement spectral ciblé ne cherche pas seulement à modifier une bande en continu. Il repère une fréquence ou un événement local dans le temps et agit uniquement lorsqu’il apparaît : résonance d’une note, sifflement, bruit parasite ou collision entre deux sources.
Une bande très étroite se creuse quand une fréquence problématique surgit. La correction suit le défaut au lieu d’assombrir tout le son.
Détecte principalement les « s », « ch » et autres sifflantes, souvent dans les médiums-aigus. Il réduit cette zone pendant la consonne, puis la restitue.
Une sélection temps-fréquence peut atténuer un clic, un ronflement ou un bruit bref. C’est précis, mais ce qui a été masqué n’est pas toujours récupérable parfaitement.
CAS D’ÉCOLE · POINTS DE DÉPART
Ces repères ne sont pas des recettes : chaque prise, chaque instrument et chaque mix sont différents. Ce sont des zones où l’on cherche d’abord, pour savoir dans quelle direction tourner le bouton. On écoute toujours dans le mix, pas en solo, et on compare à sonie égale.
| Source | Assise, poids | Zone souvent encombrée | Définition, présence | À surveiller |
|---|---|---|---|---|
| Voix | coupe-bas vers 80–120 Hz selon la voix | « boue » 200–400 Hz, nasal 800 Hz–1,2 kHz | présence 3–5 kHz, air 10–12 kHz | sifflantes 5–8 kHz : plutôt un de-esser ou une EQ dynamique |
| Grosse caisse | poids 50–80 Hz | « carton » 300–600 Hz | attaque de la batte 2–5 kHz | le conflit avec la basse : voir le masquage |
| Caisse claire | corps 150–250 Hz | résonance du fût, étroite, 400–900 Hz | claquement 2–5 kHz, timbre 6–10 kHz | la repisse de charleston dans l’aigu |
| Basse | fondamentale 40–100 Hz | 200–300 Hz si elle « bourre » | articulation 700 Hz–1,5 kHz (petites enceintes) | l’infra-grave inutile sous 30–40 Hz |
| Guitare saturée | coupe-bas 80–120 Hz | 200–400 Hz | mordant 1,5–3 kHz | la dureté 3–5 kHz ; un coupe-haut vers 8–10 kHz adoucit |
| Piano, nappe | selon le rôle | creuser là où vit la voix | — | le grave de la main gauche qui gonfle le mix |
| Overheads | coupe-bas 100–300 Hz si la grosse caisse a son micro | — | brillance des cymbales 8–12 kHz | la dureté des cymbales 2–4 kHz |
| Mix, bus | plateau grave ±1 dB | cloche large 250–400 Hz, −1 à −2 dB | plateau aigu ±1 dB | des gestes larges et faibles ; un problème précis se règle sur sa piste |
Une résonance gênante est souvent étroite : on la creuse avec un Q élevé. Une couleur se donne plutôt avec une cloche large ou un plateau, à faible dose.
Baisser ce qui encombre évite souvent de monter le reste, et garde de la marge. Mais si un son manque de présence, la monter est tout aussi légitime.
Un son qui paraît maigre en solo peut être parfait dans le mix, et inversement. On égalise pour l’ensemble, pas pour la piste seule.
Tire les points de couleur sur la courbe pour régler chaque bande (la molette change la largeur), ou charge un cas d’école. Le spectre est mesuré en temps réel : la ligne fine avant l’EQ, la surface bleue après. « À sonie égale » compense le niveau : on entend le changement de couleur, pas un simple changement de volume.
Un signal stéréo peut se décrire autrement qu’en gauche et droite : le Mid (L+R) contient ce qui est commun aux deux côtés, donc le centre ; le Side (L−R) ne contient que ce qui diffère, donc les côtés et la largeur. Un égaliseur mid-side traite les deux séparément, puis réencode en gauche-droite. Très courant en mastering, où l’on n’a plus accès aux pistes ; utile aussi en mix sur un bus, des overheads ou une paire stéréo.
Un coupe-bas vers 100–150 Hz sur le Side rend le grave mono : plus stable, plus tenu, compatible avec le vinyle et les systèmes de club.
Un peu d’aigu sur le Side élargit et aère ; en enlever recentre une image trop diffuse. Le centre (voix, caisse claire, basse) n’est pas touché.
En mono, on n’entend que le Mid : tout ce qui a été ajouté au Side disparaît. Un mix élargi à outrance peut changer d’équilibre sur un téléphone ou une enceinte mono.
Essaie les cas, puis compare les écoutes : Mid seul (c’est aussi ce qu’on entend en mono) et Side seul, qui fait entendre ce qu’il y a vraiment dans les côtés d’un mix.
Et en dynamique : compresser le centre et les côtés séparément →MÉTHODE D’ÉCOUTE
Grondement, dureté, manque de présence ou conflit entre deux sources : éviter de tourner des boutons sans objectif.
Un son séduisant en solo peut prendre trop de place avec les autres pistes.
Balayer temporairement peut aider à trouver une zone, mais le réglage final doit être jugé à un niveau réaliste.
Un traitement plus fort paraît souvent meilleur. Compenser le niveau avant/après rend la comparaison plus honnête.