MMAO PERSAN
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06 · SOUND DESIGN

Sound design

Concevoir un son précis pour un usage précis : un impact de bande-annonce, une ambiance, une texture, un son de synthé qui signe un morceau. Ce n’est pas une technique de plus, c’est une façon de combiner synthèse, samples et traitements.

01

BRIEF

Partir de l’usage, pas de l’outil

Un bon son se juge dans son contexte. Avant d’ouvrir un synthé, quelques questions orientent tout le travail.

OÙ ?

Le support

Film, jeu vidéo, morceau, spectacle, notification de téléphone : chaque support a ses durées, ses niveaux et ses systèmes d’écoute.

QUOI ?

L’intention

Lourd ou léger, proche ou lointain, réel ou étrange, menaçant ou amusant. Quelques mots suffisent à guider les choix.

AUTOUR ?

La place libre

Ce qui joue en même temps : un son peut être magnifique seul et disparaître dans la musique, ou la masquer.

02

LAYERING

Construire un son par couches

Un son de cinéma est rarement un seul enregistrement. On superpose plusieurs couches, chacune chargée d’une partie du résultat : l’attaque, le poids, la pression, l’espace. Pour qu’elles fusionnent en un seul son, chacune doit occuper sa zone de temps et sa zone de fréquences.

LABORATOIRE 1

Fabriquer un impact

Joue l’impact complet, puis retire une couche à la fois. Essaie aussi de retarder le corps ou de ne plus filtrer les couches.

03

RÈGLES DE SUPERPOSITION

Faire sonner les couches ensemble

FRÉQUENCES

Filtrer chaque couche

Couper le grave de la transitoire, l’aigu du sub, le bas de la queue : chaque couche garde ce qu’elle apporte et laisse la place aux autres.

TEMPS

Aligner les attaques

Quelques millisecondes de décalage suffisent à entendre deux coups. Zoomer sur les formes d’onde et caler les débuts.

GROUPE

Traiter l’ensemble

Envoyer les couches sur un bus, puis compresser ou saturer légèrement ce bus : le traitement commun les soude.

04

RESAMPLING

Rééchantillonner : transformer, figer, recommencer

Rééchantillonner, c’est enregistrer en audio le résultat d’un traitement, puis traiter à nouveau ce nouveau fichier. Chaque étape devient une matière première, et on peut aller beaucoup plus loin qu’avec une seule chaîne d’effets.

REVERSE

À l’envers

Rendre la réverbération d’un son, la retourner, puis la placer avant le son : une montée qui aspire vers l’attaque.

PITCH

Descendre de deux octaves

Un son ralenti révèle des détails invisibles : un bruit de papier devient un grondement.

STRETCH

Étirer à l’extrême

Les artefacts d’un étirement très fort deviennent une texture, une nappe, une ambiance.

CHAÎNE

Repasser dans les effets

Un son distordu puis filtré puis réverbéré, rendu, et retraité : c’est souvent ainsi que naissent les sons « impossibles ».

Rendre en audio, c’est aussi libérer l’ordinateur et figer une décision : voir figer, rendre, imprimer et, pour la différence entre ré-échantillonnage et étirement, le chapitre Échantillonnage.

05

GRANULAR SYNTHESIS

La synthèse granulaire

Un granulateur découpe un son en grains très courts (de 10 à 200 ms environ), chacun avec un petit fondu d’entrée et de sortie, puis les rejoue en les faisant se chevaucher. En choisissant où prélever les grains, leur taille, leur nombre et leur hauteur, on transforme n’importe quel enregistrement en nuage, en texture ou en instant figé.

LABORATOIRE 2

Un granulateur

Le son de départ est l’extrait musical du site. Essaie les préréglages, puis déplace la position pendant la lecture.

06

USAGES

Ce que le grain permet

FIGER

Arrêter le temps

Des grains prélevés toujours au même endroit tiennent un instant indéfiniment : une note de voix devient une nappe.

ÉTIRER

Changer la durée sans la hauteur

Avancer lentement dans le son allonge sa durée sans le transposer : c’est le principe de nombreux algorithmes d’étirement.

TEXTURES

Des nuages

Dispersion et hauteurs aléatoires transforment un son reconnaissable en ambiance mouvante, idéale pour un fond ou une transition.

07

FIELD RECORDING & FOLEY

Enregistrer ses propres sons

Les meilleures banques de sons sont souvent celles qu’on fabrique. Un téléphone suffit pour commencer ; un enregistreur portable fait vite la différence.

BRUITAGE

Les objets du quotidien

Du céleri qu’on casse, un sac de riz, du papier froissé, une porte de placard : enregistrés de près puis transformés, ils deviennent des sons de film.

PRISE

Plusieurs versions

Varier la force, la distance, la vitesse. Enregistrer aussi le silence de la pièce : il servira pour les raccords.

AMBIANCES

Les lieux

Une gare, une forêt, une cuisine : quelques minutes d’ambiance donnent un fond réaliste, ou une matière à granuler.

BIBLIOTHÈQUE

Nommer et classer

Un nom qui décrit le son, le lieu, la date : « porte_bois_claque_fort_03.wav ». Sans cela, la banque devient inutilisable.