M MAO PERSAN

ESPACE THÉORIE

Les bases du son

Relier le vocabulaire musical aux grandeurs physiques, puis comprendre le spectre, les décibels et les bases du son numérique.

01

LE SIGNAL

Le signal dans le temps

Un microphone convertit les variations de pression acoustique en un signal électrique. Ce signal conserve une trace de l’évolution du son : on peut en observer la forme d’onde (waveform), l’amplitude et la vitesse de répétition.

Amplitude (amplitude)

L’écart entre le repos et un point de l’onde. Elle est liée au niveau du signal.

Période (period)

La durée d’un cycle, notée T et exprimée en secondes.

Fréquence (frequency)

Le nombre de cycles par seconde : f = 1 / T.

Phase (phase)

La position d’une onde dans son cycle par rapport à une autre.

D’où vient le signal ? Suivre le trajet de l’air au câble → Manipuler les composantes d’un son →
02

MUSIQUE ↔︎ PHYSIQUE

Hauteur et fréquence

En formation musicale, on parle de hauteur (pitch) : grave, aigu, nom de note et octave. Pour un son périodique, cette sensation est principalement associée à la fréquence fondamentale (fundamental frequency), mesurée en hertz. Un hertz signifie simplement une fois par seconde.

VOCABULAIRE MUSICAL La4 · A4 hauteur (pitch)
↔︎
GRANDEUR PHYSIQUE 440,00 Hz fréquence (frequency)
↔︎
DURÉE D’UN CYCLE 2,27 ms période (period)
DOMAINE AUDIBLE440 Hz = 440 fois par seconde

La répétition est assez rapide pour être principalement perçue comme une hauteur.

Échelle logarithmique : le déplacement suit des rapports réguliers pour balayer souplement plusieurs dizaines de milliers de hertz.

Dans la tessiture MIDI · note 69.

Forme d’onde (waveform)
03

SPECTRE ET TIMBRE

Même hauteur, timbres différents

Un son périodique complexe peut être décrit comme une somme de sinusoïdes. La plus basse fréquence est la fondamentale (fundamental). Les composantes placées à des multiples entiers sont ses harmoniques (harmonics).

Comme dans la présentation « Anatomie d’un son », on part ici de l’instrument, puis on met en regard la forme d’onde (waveform) et le spectre (spectrum). Les trois exemples jouent la même note : La3 · A3 = 220 Hz.

Le timbre ne se résume pas au spectre : la macro-dynamique (amplitude envelope) décrit la vie globale de la note. Elle montre comment le niveau apparaît, se maintient ou décroît, puis disparaît.

FORME D’ONDE · WAVEFORM Quelques cycles · échelle microscopique
SPECTRE · SPECTRUM Composantes fréquentielles
MACRO-DYNAMIQUE · AMPLITUDE ENVELOPE Évolution globale du niveau pendant 3 secondes

HAUTEUR La3 · A3 220 Hz pour les trois instruments

TIMBRE Percussif et décroissant Fondamentale forte, partiels espacés et enveloppe courte.

Quand les composantes ne suivent plus les multiples entiers → Construire un timbre par sommation →
04

DE LA RAIE AU SPECTRE CONTINU

Harmoniques, inharmoniques et bruits

Toute composante sinusoïdale repérée dans un spectre est un partiel (partial). Un harmonique est un cas particulier : sa fréquence est un multiple entier d’une fondamentale. Si les rapports ne sont pas entiers, les partiels sont inharmoniques (inharmonic partials).

Un bruit (noise) ne présente pas une répétition stable comparable à celle d’un oscillateur. Son énergie se répartit dans une bande de fréquences : le spectre ressemble davantage à une zone continue qu’à une série de raies fixes.

SON PUR · PURE TONE1 fréquence

Une seule sinusoïde produit une raie. La période et la hauteur sont très nettes.

SON HARMONIQUEf · 2f · 3f · 4f…

Les partiels sont des multiples entiers. La forme se répète et la hauteur reste généralement stable.

SON INHARMONIQUEf · 2,64f · 4,12f…

Les partiels ne suivent pas une série entière. Le son peut devenir métallique ou présenter une hauteur moins évidente.

BRUIT · NOISEUne bande d’énergie

L’évolution est apériodique. Une couleur de bruit décrit la façon dont l’énergie moyenne se répartit dans le spectre.

OUTIL INTERACTIF · SPECTRUM ORGANIZATION

Organiser les partiels, puis ajouter du bruit

Pars de la sinusoïde neutre. Choisis un exemple ou déplace progressivement les réglages ; la forme d’onde, le spectre et le son évoluent ensemble.

FORME D’ONDE · WAVEFORMQuelques cycles ou une courte fenêtre de bruit
SPECTRE MOYEN · AVERAGE SPECTRUMRaies des partiels et enveloppe du bruit
ORGANISATIONUne seule composante
HAUTEUR PERÇUENette · La3 / A3
PARTIELS1 × 220 Hz

Sinusoïde : une fréquence, une période et une hauteur clairement repérables.

WHITE NOISE

Bruit blanc

Il possède en moyenne la même puissance par hertz. Comme une octave aiguë contient beaucoup plus de hertz qu’une octave grave, il paraît riche en aigus.

PINK NOISE

Bruit rose

Sa puissance moyenne est répartie de façon comparable par octave. Son spectre descend d’environ 3 dB par octave quand on l’exprime par hertz.

FILTERED NOISE

Bruit filtré

Un bruit peut être limité à une zone. Souffle, vent, consonnes ou cymbales n’occupent pas tous le spectre de la même manière.

Écouter comment un égaliseur colore un bruit →
05

DÉCIBELS · DECIBELS

Décibels : grandeur et référence

Le décibel exprime un rapport logarithmique. Écrire seulement « dB » indique une différence ou un rapport ; pour décrire un niveau, il faut aussi connaître la grandeur comparée et la référence correspondant à 0.

LA QUESTION QUI CHOISIT LA FORMULE

Qu’y a-t-il réellement dans le rapport ?

PUISSANCE / ÉNERGIEP, W, W/m²…

La grandeur est déjà une puissance ou lui est directement proportionnelle.

→ utiliser 10 log
AMPLITUDE / CHAMPpression, tension, amplitude numérique…

La puissance associée est proportionnelle au carré de cette grandeur, sous les conditions adaptées.

→ utiliser 20 log
Si P ∝ A²alors10 log₁₀(A₂² / A₁²) = 20 log₁₀(A₂ / A₁)
GRANDEUR DE PUISSANCE ΔL = 10 log₁₀(P₂ / P₁)

Puissance acoustique ou électrique, intensité… Doubler la puissance donne environ +3 dB. Multiplier la puissance par quatre donne environ +6 dB.

GRANDEUR D’AMPLITUDE OU DE CHAMP ΔL = 20 log₁₀(A₂ / A₁)

Pression acoustique, tension ou amplitude numérique, sous les hypothèses adaptées. Doubler l’amplitude donne environ +6 dB.

Le suffixe indique la référence

Une valeur de niveau compare la grandeur mesurée à une valeur choisie comme référence. Le suffixe répond donc à la question « 0 dB par rapport à quoi ? ».

CATÉGORIEAmplitude numérique · 20 log

RÉFÉRENCE DE 0Plein-échelle numérique · full scale

ÉCRITURE20 log₁₀(|A| / AFS)

EXEMPLE−6,02 dBFS ≈ moitié de l’amplitude maximale

Échelle
Grandeur
Référence de 0
Formule
dBFSAmplitude numériquePlein-échelle numérique20 log dB SPLPression acoustique20 µPa dans l’air20 log dBuTension efficace0,775 V RMS20 log dBVTension efficace1 V RMS20 log dBmPuissance électrique1 mW10 log dBWPuissance1 W10 log

NIVEAU NOMINAL ET CONVERSION

VU, dBu et dBFS ne disent pas la même chose

VU
Le VU est une indication de mètre, pas une unité de niveau.

Le vumètre (VU meter) réagit assez lentement et renseigne surtout sur un niveau moyen de programme. Dans l’usage professionnel courant, une sinusoïde qui produit +4 dBu, soit environ 1,23 V RMS, place l’aiguille sur 0 VU.

dBu · TENSION0 dBu = 0,775 V RMS

Le dBu décrit une tension électrique. Ainsi, +4 dBu correspond à environ 1,23 V RMS.

VU · INDICATION0 VU = niveau nominal

Ce zéro est une cible de travail, pas la limite du système. Le vumètre met environ 300 ms à rejoindre son indication de référence.

dBFS · LIMITE NUMÉRIQUE0 dBFS = plafond

Le plein-échelle (full scale) est la limite numérique. Le niveau nominal est volontairement placé plus bas pour laisser passer les crêtes.

EXEMPLE DE CALIBRATION

Choisir la marge au-dessus de 0 VU

On envoie une sinusoïde de référence et on règle le convertisseur pour faire coïncider les trois repères.

DOMAINE NUMÉRIQUE−18 dBFSsinusoïde de référence
→
SORTIE DU CONVERTISSEUR+4 dBu≈ 1,23 V RMS
→
VUMÈTRE0 VU
−18 dBFS · 0 VU0 dBFS

Avec cet alignement, un sinus à 0 dBFS correspondrait à +22 dBu, soit environ 9,76 V RMS, à la sortie d’un convertisseur réglé de façon linéaire.

Repères : EBU R 68 · ITU-R BS.645-2 · AES Pro Audio Reference

LE CAS DU NUMÉRIQUE

Où classer le dBFS ?

dBFS = amplitude numérique + référence plein-échelle + 20 log

Dans le crête-mètre numérique utilisé ici, la valeur mesurée est l’amplitude des échantillons. La référence full scale est la plus grande amplitude représentable : elle correspond à 0 dBFS.

−∞−18−12−60 dBFS
Les valeurs normales sont négatives

−18, −12 ou −6 dBFS signifient que l’amplitude reste sous la limite. La distance jusqu’à 0 constitue une marge numérique (headroom).

0 dBFS n’est pas « le son le plus fort »

C’est la limite du nombre numérique. Le niveau acoustique dépend ensuite du convertisseur, du réglage de sortie, de l’amplification, des enceintes et de la pièce.

−6 dBFS n’est pas la moitié de la puissance

Avec une grandeur d’amplitude, environ −6,02 dB correspond à une amplitude divisée par deux ; la puissance associée serait alors divisée par quatre.

Amplitude numérique
dBFS
conversion + calibration →Tension analogique
dBu / dBV
amplification + enceintes →Pression acoustique
dB SPL
Comparer champ et puissance →
06

SON NUMÉRIQUE · DIGITAL AUDIO

Échantillonner, quantifier, coder

1 Échantillonnage

Mesurer le signal à intervalles réguliers. La fréquence d’échantillonnage s’exprime en hertz.

→
2 Quantification

Arrondir chaque mesure vers l’un des niveaux disponibles.

→
3 Codage

Représenter chaque valeur par une suite de bits.

L’échantillonnage et la quantification sont deux opérations distinctes : le premier choisit quand mesurer, la seconde choisit avec quelle précision d’amplitude conserver chaque mesure.

Manipuler la quantification →

Le théorème de Nyquist-Shannon

Pour représenter sans ambiguïté une sinusoïde de fréquence f, la fréquence d’échantillonnage doit être strictement supérieure à 2f : c’est le théorème d’échantillonnage. La moitié de la fréquence d’échantillonnage s’appelle la fréquence de Nyquist : 24 kHz pour un fichier à 48 kHz. Si le signal contient des fréquences supérieures à cette limite, elles se replient dans le spectre : c’est l’aliasing.

Faire apparaître l’aliasing →
07

DU SON À LA COMMANDE

Passer au MIDI

Le MIDI ne décrit pas la forme d’onde : il transmet des événements musicaux et des gestes de contrôle. Une page dédiée rassemble maintenant les messages, les canaux, les appareils, les connexions et les liens vers chaque manipulation.

Geste du musicienMIDI →InstrumentAudio →Son entendu
Ouvrir la page de référence MIDI →