Ceux qui ont écrit le texte et composé la musique, et leur éditeur s’ils en ont un. En France, la SACEM gère ces droits pour ses membres.
EN PRATIQUE · RELEASING MUSIC
Publier sa musique
Mettre un morceau sur les plateformes, c’est simple techniquement. Ce qui demande de l’attention, c’est tout ce qui l’entoure : à qui appartient quoi, qui doit être payé, quelles informations fournir, et dans quel ordre.
DEUX OBJETS
L’œuvre et l’enregistrement
Un morceau publié contient deux choses protégées séparément. L’œuvre : la musique et le texte, tels qu’on pourrait les écrire sur une partition. L’enregistrement : une interprétation précise, fixée dans un fichier, le « master ». Une même chanson peut avoir dix enregistrements différents.
Celui qui a pris l’initiative et la charge de l’enregistrement : un label, ou toi-même en autoproduction. Sociétés : SCPP ou SPPF.
Chanteurs et musiciens qui jouent sur l’enregistrement. Sociétés : ADAMI ou SPEDIDAM.
SCHÉMA SIMPLIFIÉ
Qui touche quoi, selon l’usage
Chaque façon de faire entendre un morceau déclenche certains circuits de droits, pas tous. Choisis un usage pour voir lesquels sont concernés.
DIGITAL DISTRIBUTION
Mettre sa musique sur les plateformes
Sauf exception, on ne dépose pas soi-même un morceau sur les grandes plateformes de streaming : on passe par un distributeur numérique. Il envoie les fichiers et les informations à toutes les plateformes, récupère les revenus de l’enregistrement et te les reverse.
Certains distributeurs demandent un abonnement annuel, d’autres une commission sur les revenus, d’autres combinent les deux. Comparer sur plusieurs années.
Garde-t-on la propriété des enregistrements ? Quelle durée, quelle exclusivité ? Peut-on retirer ses morceaux ? Que se passe-t-il si on arrête l’abonnement ?
Beaucoup de distributeurs proposent d’inscrire les morceaux aux systèmes qui repèrent la musique dans les vidéos. Attention si tu utilises des boucles vendues à d’autres : elles peuvent déclencher de fausses réclamations.
RECORD LABEL
Avec ou sans label ?
Un label (maison de disques) est avant tout un producteur : il investit dans des enregistrements et les exploite. Aujourd’hui, on peut publier sa musique sans label, grâce aux distributeurs numériques. La vraie question n’est donc plus « peut-on faire sans ? », mais « qu’est-ce qu’un label m’apporterait, et contre quoi ? ».
Studio, mixage, mastering, parfois une avance versée à l’artiste. C’est ce qui fait de lui le producteur.
Choisir les titres, les collaborateurs, le moment de sortie. On parle d’A&R (artists and repertoire).
Attachés de presse, radios, playlists, clips, relations avec les plateformes : c’est souvent ce qui manque le plus en autoproduction.
Le label devient propriétaire des enregistrements, ou en obtient l’exploitation pour une durée donnée, et garde une part des revenus.
Quatre formules, du plus autonome au plus accompagné
| Autoproduction | Contrat de distribution | Contrat de licence | Contrat d’artiste | |
|---|---|---|---|---|
| Qui paie l’enregistrement ? | Toi | Toi | Toi (ou ton propre label) | Le label |
| À qui appartient le master ? | À toi | À toi | À toi ; le label l’exploite pour une durée et un territoire | Au label, en général |
| Qui fait la promotion ? | Toi | Surtout toi | Le label | Le label |
| Ta part des revenus de l’enregistrement | Presque tout, moins les frais du distributeur | La plus grande part | Une part importante | Une part plus faible, après remboursement des avances |
| Contrôle artistique | Total | Total | Grand | Partagé |
Les mots et les contenus varient d’un contrat à l’autre : ce tableau décrit des tendances, pas des règles. Entre ces formules existent aussi des offres de « services » à la carte (promotion, marketing) proposées par des distributeurs ou des labels.
Faire sans label
En autoproduction, tu gardes tes enregistrements et presque tous leurs revenus, mais tu fais tout toi-même, ou tu le délègues en payant : enregistrement, pochette, distribution, calendrier, promotion, relations avec la presse et les programmateurs. Beaucoup d’artistes commencent ainsi, construisent un public, puis négocient une licence ou un contrat quand leurs chiffres rendent l’accord plus équilibré.
Graphiste, attaché de presse, vidéaste : on peut les rémunérer au projet, sans céder de droits sur les enregistrements.
Des artistes se regroupent parfois en association ou en petit label indépendant pour mutualiser moyens, réseau et visibilité.
Autoproduit, tu es le producteur : pense à t’inscrire auprès d’une société de producteurs pour percevoir les droits voisins qui te reviennent (voir qui touche quoi).
IDENTIFIERS
Les codes qui identifient une sortie
| Code | Il identifie | Qui l’attribue |
|---|---|---|
| ISRC | Un enregistrement. Chaque version différente (radio, instrumentale, remix) a son propre code. | Le producteur ou, souvent, le distributeur |
| UPC / EAN | Une sortie : un single, un EP, un album, comme le code-barres d’un produit. | Généralement le distributeur |
| ISWC | Une œuvre, quelle que soit la version enregistrée. | La société d’auteurs, lors de la déclaration de l’œuvre |
Un même ISRC ne doit jamais être réutilisé pour un autre enregistrement : c’est par lui que les écoutes et les droits sont rattachés au bon fichier.
DELIVERY
Fichiers, métadonnées et pochette
Un WAV en 16 ou 24 bits, au format demandé par le distributeur. Les plateformes normalisent le volume à l’écoute : un master écrasé pour être « plus fort » n’y gagne rien. Voir Formats et livraison.
Titre, nom d’artiste écrit exactement pareil partout, invités, crédits complets (auteurs, compositeurs, interprètes, producteur), langue, contenu explicite.
Souvent 3000 × 3000 pixels. Pas de logo de plateforme, pas d’adresse web, pas d’image dont tu n’as pas les droits.
Samples, boucles, voix générées, reprises : chaque élément doit être utilisable pour une sortie publique. Voir les droits des samples et l’IA.
Publier sa version d’une chanson existante est possible, mais l’œuvre reste celle de ses auteurs : les distributeurs proposent en général une démarche spécifique pour les reprises.
Version instrumentale, version courte pour la radio, version « propre » sans paroles explicites : chacune est un enregistrement distinct, avec son propre ISRC.
RELEASE PLAN
Un calendrier de sortie
Une sortie se prépare plusieurs semaines à l’avance : le distributeur a besoin de temps pour livrer les plateformes, et les propositions aux playlists éditoriales se font avant la date de sortie. Choisis une date pour voir le calendrier.
PROOF & AGREEMENTS
Garder une trace
Déclaration à une société d’auteurs, enveloppe Soleau (électronique) de l’INPI, fichiers et échanges datés : autant de preuves qu’une œuvre existait à une date donnée.
Qui a écrit quoi, et quels pourcentages pour chacun : se mettre d’accord par écrit au moment de la création évite les conflits au moment où le morceau rapporte.
Projet, pistes séparées, master, instrumentale : ils serviront pour un remix, une synchronisation ou un concert. Voir Échanger avec un autre studio.